Solidarité avec l’association SalSaludo de Brest
• jan 28th, 2010 • Categorie: Chez nos voisins, Dernière minute / Brève, Divers, PartenairesVoici la copie de l’e-mail envoyé par nos amis Brestois de l’association SalSaludo:
Chers amis,
La prochaine soirée SalSaludo au Yacht Club (6 février) que nous avions déjà annoncée sera très probablement annulée à la demande de la police et du procureur de la république. Nous avons dans un premier temps été dénoncés par XXXXX comme quoi nous organisions des soirées "de discothèque" sous forme d’activité associative. Lors que j’ai expliqué le caractère diffamatoire de cette dénonciation en démontrant clairement que la partie majeure de notre activité était la formation à la danse et que notre soirée était juste complémentaire à cela on m’a convoqué à une deuxième reprise pour cette fois-ci me faire savoir que les locaux du Yacht Club n’était pas conformes aux consignes de sécurité (évacuation en cas d’incendie etc.) et pour m’obliger à annuler notre soirée.
Je vous laisse imaginer l”énorme” difficulté d’évacuer en cas d’incendie le Yacht Club par rapport à certaines boites sous-sol de Brest, qui elles, restent tranquilles.
Cette heureuse décision du procureur compromet bien évidemment nos autres soirées déjà annoncées.
Nos dénonciateurs sont sûrement en train de se féliciter. Nous les avons gênés parce que nous avons offert aux salseros une soirée avec une grande piste, dans des locaux conviviaux, spacieux et ouverts sur une terrasse en plein air. Nous les avons gênés parce que nous servions des verres à 1€ jusqu’à 4h00 du matin pour que les danseurs puissent se rafraichir sans se soucier de leur portefeuille, sans être harcelé par un patron de bar se plaignant sans cesse que les danseurs ne consomment pas. Nous avons passé de la musique qui nous passionne, sur laquelle on partage des moments inoubliables et pas de la pourriture à volume max qui fait mal au crâne au bout de dix minutes.
Nous les avons gênés parce qu’il y a deux ans on comptait 30-40 danseurs salsa sur Brest alors qu’aujourd’hui on est des centaines. Parce que notre nombre augmente chaque jour.
Nous les avons gênés parce que chez nous il n’y a pas de bastons, pas de coma étylique, pas de harcellement de femmes, pas de vigiles brutes qui se prennent pour des rois.
Nous les avons gênés parce que nous éloignons les jeunes brestois de la consommation excessive d’alcool et de tabac en leur proposant une activité à la fois sportive, artistique et conviviale. En leur proposant des rencontres saines, un milieu correct et agréable à fréquenter.
Nous les avons gênés parce que ceux qui sortent de leurs discothèques terminent en coma étylique, en baston ou se mettent à saccager les biens publics.
Or ceux qui sortent de nos soirées rentrent dormir ou faire l’amour.
C’est vrai, nous sommes très fautifs,
nous l’admettons.
Aujourd’hui les autorités publiques, qui sont là pour notre bien être, prennent une décision pour vous protéger, vous et vos enfants, de nos mauvais effets. Nous saluons leur décision et disons:
A bas les associations qui organisent des soirées dansantes à 1€ le verre !
Vive la musique pourrie, vive la bouteille de champagne, vive le profit, vive les patrons de discothèques !
….
Non, non ,non.
Nous ne disons pas du tout cela.
Si nos dénonciateurs croient que c’est aussi simple de nous empiler encore dans leurs discothèques en nous offrant de la musique pourrie et de l’alcool à 10€ le verre, et ça, si encore on réussit à franchir leurs videurs,
ils se trompent royalement !
Nous voulons nos soirées à nous, avec la musique qui nous plait, avec une piste de danse respectée, sans patron, sans être obligé à payer des verres de coca à 8€,
et cela jusqu’à 4h00 du matin ! Parce que nous sommes des jeunes de 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, voire des jeunes de 60 ans qui voulons passer notre nuit à danser autant que l’on souhaite. Les salles municipales qu’on puisse louer une fois par an, en plus à condition de couper la musique à 00h30 ne nous conviennent pas ! Cela veut clairement dire, surtout aux plus jeunes : “maintenant vous partez piccoler dans une discothèque, dans la rue, ou vous rentrez chez vous.”. Non, non, non, nous ne voulons pas de ça non plus.
La salsa, et en général les danses en couple, ont pris une dimension terrible sur toute la planète parce que les gens découvrent cette sublime façon de se divertir. Or Brest est la seule grande ville de France où l’activité de danse est aussi pauvre. Et aujourd’hui on nous retire notre plus importante soirée.
Clairement, nous nous batterons jusqu’au bout. Si vous partagez les mêmes pensées, les mêmes sentiments n’hésitez pas à vous manifester. Toute idée, toute aide est la bienvenue. Finalement cette ville est la notre et nous sommes capables de changer les choses comme on veut.
Je vous écris ce courrier en toute franchise, en me laissant guider un peu par mon coeur. Je m’excuse d’ores et déjà pour un quelconque gêne que mes propos puissent occasionner.
Et malgré tout, je termine comme d’habitude:
A bientôt sur les pistes.
Nazim Yenier
